05/06/2013

Le troc de presse entre voisins

 

"Toc toc, c'est le voisin, j'ai vu que vous étiez abonnés à Géo, je peux vous l'emprunter en échange de mon XXI ?" Tel est le type d'échange dont rêve Julien Fuentes, le fondateur de trocdepresse.com, qui souhaite favoriser le lien social tout en optimisant le taux de lecture (et la découverte) de la presse papier. Explications.

 Plus de quatre milliards d'exemplaires par an

 Même si la lecture numérique de la presse gagne un peu plus de terrain chaque jour, la presse imprimée représente encore 4 milliards d’exemplaires vendus par an. "Environ 35 millions de français lisent chaque jour au moins un journal ou un magazine... qui finit encore trop rapidement à la poubelle", déplore Julien Fuentes qui lit au total, avec sa femme, environ une vingtaine de revues et magazines par mois. "Nous accumulions beaucoup de numéros que j'échangeais auparavant avec mes parents, à Marseille. Mais sur Paris je ne me voyais pas le faire aussi facilement avec mes voisins, alors j'ai imaginé ce site, pour faciliter la démarche".

 Le site vient d'ouvrir ses portes et propose aux utilisateurs de se créer un compte, de renseigner leur adresse et d'indiquer quel type de presse ils consomment et à quelle fréquence. Pour informer vos voisins de l'existence de cette initiative, on vous propose d'afficher les éléments d'un kit ambassadeur dans le hall de votre immeuble ou dans l'entrée de votre résidence. Si vos voisins s'inscrivent sur la plateforme, ils pourront vous retrouver facilement et vous serez notifiés de leur inscription sur le site.

 

Affiche du kit ambassadeur pour informer vos voisins

 Si les lectures de votre voisin vous tentent, et vice versa, il vous suffit de convenir d'un moment pour vous les échanger, ou de vous les déposer respectivement via vos boîtes aux lettres. "Certes, on peut aussi le faire plus simplement en laissant ses magazines en libre service dans l'entrée", indique le fondateur de Troc de Presse, mais "l'idée est de favoriser simplement le lien social que l'on n'ose parfois plus retisser. Et si les gens échangent entre eux, sur le long terme, je vois cela comme une nouvelle mise en avant de la presse papier, car cela aide à découvrir d'autres magazine et à s'intéresser à autre chose".

 Une idée belle sur le papier

 Comme pour d'autres services de consommation collaborative, les plus sceptiques diront peut être que ce type d'initiative est belle sur le papier sans fonctionner en pratique. Mais plusieurs dizaines de personnes se sont déjà crées un compte et le défi consiste maintenant à promouvoir l'initiative largement pour atteindre la fameuse masse critique indispensable à la fluidité de ce type de service.

 Julien Fuentes n'envisage pas de rendre son service payant à l'avenir: son modèle repose pour l'instant sur quelques encadrés publicitaires et sur des partenariats avec des groupes de presse qui, à terme, pourraient bénéficier de la démarche. "Dans un second temps, si les liens entre voisins connaissent un intérêt, j'aimerais bien que les gens puissent échanger leurs livres, leurs guides de voyages, etc." confie-t-il également.

Source : Le blog d' Anne-Sophie Novel

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04/06/2013

Roland Garos : La photo équivoque de Wawrinka

 Source : Michael Bouche

© Twitter.

© reuters.

Mené 7-6 3-0 (double break) contre Richard Gasquet, Stanislas Wawrinka a demandé un temps-mort médical pour se faire soigner. La manipulation par le soigneur a d'ailleurs valu une image quelque peu compromettante, partagée par de nombreux Twittos.

"Je ne regarde pas le tennis, mais je viens de voir passer ça sur Facebook. ça a l'air de bien se passe"r, commente un internaute.

"On sait comment Wawrinka a repris la main dans cette partie", lâche un autre.

Pour rappel, le joueur suisse a renversé la vapeur après avoir été mené deux manches à zéro contre Gasquet, le chouchou local. Un match grandiose où les deux joueurs auront pratiqué un tennis phénoménal pendant plus de quatre heures...

© reuters.

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01/06/2013

les années 1980 : le rugby en liberté

Source : Le Monde.fr  par Laurent Telo

1985, c'est le retour du Stade toulousain en haut de l'affiche du rugby français au terme d'une des plus belles, si ce n'est la plus belle, finale de l'histoire du championnat, achevée sur une prolongation inoubliable et une victoire 36-22 contre Toulon.

Une jeune génération de joueurs talentueux emmenée par le duo d'entraîneurs Pierre Villepreux et Jean-Claude Skrela fait souffler un vent de fraîcheur sur le rugby français après la domination étouffante de la phalange biterroise. Le Stade toulousain sera sacré champion en 1986, en 1989 puis dominera les années 90. Mais le début de l'épopée se situe bien ce samedi soir de printemps au Parc des Princes. Le numéro 8 Albert Cigagna, surnommé "Matabiau", comme la gare de Toulouse, pour sa science du triage des bons ballons à jouer, se souvient d'une époque épique où le jeu respirait.

Finale du championnat de France de rugby, le 25 mai 1985, entre le Stade toulousain et le RC Toulon.

LE CONTEXTE

"Nous battons le grand Béziers en quart de finale (21-0), la fin d'une époque. Je pense que c'est le déclic qui va nous servir pour aller au bout, peut-être avec un peu d'avance par rapport à ce que nous avions prévu. Car nous étions plutôt sur la dynamique d'une nouvelle génération, d'une nouvelle façon de jouer. On savait que l'on pouvait faire quelque chose de neuf et on était tous concentrés là-dessus.

Le jeu de Béziers était axé sur les avants, sans beaucoup de mouvements. Et nous, on voulait mettre en place un mouvement perpétuel, l'autonomie du joueur sur le terrain... Dans le groupe, il y avait beaucoup de joueurs très jeunes, étudiants au Creps (la formation des professeurs de sport), et en même temps Skrela et Villepreux s'appuyaient beaucoup sur Robert Bru, ancien entraîneur du Stade, qui avait théorisé ce jeu porté sur l'attaque et qu'on a cherché à appliquer.

Au Stade toulousain, à cette époque-là, on vivait un peu en vase clos. On se préoccupait davantage de nous, de notre jeu que de l'adversaire. On avait trois entraînements par semaine voire quatre. On était en avance par rapport aux autres équipes de l'époque car on était pour la majorité étudiants et assez disponibles. Erik Bonneval, Denis Charvet, Guy Novès, Serge Laïrle, Karl Janick, Thierry Maset... Tous étaient étudiants en éducation physique. C'étaient des entraînements courts et très ludiques.

On vivait aussi beaucoup ensemble en dehors des entraînements et des matches. On avait un objectif commun un peu extra-sportif : après la saison, on partait en vacances tous ensemble. On est parti dans les îles du Pacifique, au Canada, en Australie, en Argentine, à Cuba... A chaque fois, il y avait au moins un match d'organisé. On n'y allait pas que pour faire les cons. Un tiers du financement était payé par les joueurs, un tiers par le club et on finançait le dernier tiers grâce à des bals qu'on organisait ou des buvettes montées après les matches. Tout ça pour dire que le groupe était soudé, que tout le monde était impliqué, qu'il n'y avait pas de stars."

LE LIEU

"Le Parc des Princes était magique. Je n'ai connu que celui-là et je pense que c'est tant mieux. Je suis allé une seule fois au Stade de France qui est quand même très impersonnel. Au Parc, c'était vraiment la fête du public. Les supporteurs pouvaient se retrouver autour du stade, c'était un vrai lieu de convivialité. Et à l'intérieur de l'enceinte, c'était un brouhaha impossible parce que le public était très proche. Sur les touches, pour entendre, c'était un vrai bordel. Mais on avait prévu le truc et on avait préparé des signes pour annoncer les combinaisons."

LE MATCH

"On était monté seulement la veille du match, pour loger au Club Shell, en banlieue parisienne. Ce fut très simple. Mais je me souviens encore de la longueur de la journée du samedi car nous jouions en nocturne. Interminable. On était stressé mais malgré l'inexpérience du groupe qui jouait sa première finale, c'était du bon stress. J'avais perdu la finale en 1979 avec Bagnères contre Narbonne, la première finale en nocturne. Je savais peut-être davantage mieux aborder ce genre de rendez-vous.

Sur cette finale, on peut tout à fait passer à la trappe et l'aventure peut s'arrêter là. Je me souviens d'un super départ de Toulon qui nous met dans le rouge assez rapidement. On est mené 12-3 à la mi-temps. En début de seconde période, Jérôme Bianchi, l'arrière toulonnais, se claque. Et on retourne la situation malgré un superbe essai de Jérôme Gallion. A vingt minutes de la fin du temps réglementaire, il y a cette passe magnifique de Thierry Maset d'une main qui envoie Denis Charvet à l'essai.

Et puis, il y a la prolongation qui va nous permettre de réellement nous exprimer car nous dominons physiquement les Toulonnais sur cette fin de match. Bonneval et Portolan marquent chacun un essai et les Toulonnais explosent. Je l'ai revu dernièrement et c'est vrai que c'est un sacré beau match. Il y a tout eu : le suspense, la qualité du jeu et l'intensité de l'engagement."

LA TROISIÈME MI-TEMPS

"Ça passe trop vite... Il y avait eu une fête organisée dans un restaurant sur les Champs-Elysées. On avait fini au petit matin au Pied de Cochon, aux Halles. Et puis le retour à Toulouse et la place du Capitole noire de monde. On n'avait pas gagné le titre depuis 1947. Alors, vous imaginez le délire... Après, il ya eu beaucoup de réceptions un peu partout. Ce fut difficile pour l'équilibre des corps. Surtout que ça a duré un moment. Et, comme le veut la tradition, chacun à tour de rôle prenait le bouclier pour l'emmener chez lui, dans sa ville natale."

C'ÉTAIT MIEUX AVANT ?

"Je ne sais pas. Aujourd'hui, un stade de rugby est fait pour que les partenaires puissent communiquer. On est davantage dans du rugby-spectacle, du mécénat, de la communication. Aujourd'hui, on vend du rugby. On va dire que c'était plus populaire avant."

Stade toulousain-RC Toulon : 36-22 (apr. pr.)

Parc des Princes, le 25 mai 1985

 

Stade toulousain : S. Gabernet (cap.), J.-M. Rancoule, E. Bonneval, D. Charvet, G. Novès, (o) P. Rougé-Thomas, (m) M. Lopez, K. Janik, A. Cigagna, T. Maset, J.-M. Cadieu (H. Lecomte, 77e), G. Portolan (J.-M. Giraud 46e), C. Portolan, D. Santramans, C. Breseghello.

 RC Toulon : J. Bianchi (G. Fargues, 46e), P. Jehl, P. Blachère (C. Salvarelli, 65e), A. Carbonel, T. Fournier, (o) C. Cauvy, (m) J. Gallion, G. Doucet, P. Coulais (cap.), E. Champ, M. Pujolle, P. Occhini, Y. Braendlin, B. Herrero, M. Diaz.

 Les points

 ST : Charvet (3), Bonneval (2), C. Portolan, essais ; Lopez, 2 pénalités et 3 transformations.

 RCT : Fournier, Gallion, essais ; Bianchi, 2 pénalités et transformation ; Cauvy, pénalité et drop.

 Arbitre : Yves Bressy

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