08/12/2012

Le "pirate écolo" face aux baleiniers japonais -Agendaide échange de services

 Source: afp.com

Le Canadien Paul Watson, surnommé le "pirate écolo", affirme se trouver à bord d'un navire de l'ONG Sea Shepherd après avoir échappé à la justice allemande, et faire cap vers l'Antarctique pour harceler les baleiniers japonais dans l'océan Austral.

"Je foule à nouveau le pont du Steve Irwin", un des navires de la flotte de Sea Shepherd ("Berger de la Mer") engagée dans le Pacifique sud, s'est réjoui Watson tard mardi soir dans une vidéo publiée sur le site de l'ONG. "J'ai un équipage formidable et notre bateau fait route vers l'Antarctique".

Le Steve Irwin a quitté Melbourne le 5 novembre pour prendre la tête de la 9e campagne de l'association, la plus ambitieuse de son histoire, avec quatre navires - dont le Brigitte Bardot - un hélicoptère, trois drones et une centaine de personnes engagées. La campagne avait démarré plus tôt, officiellement parce que les militants avaient indiqué vouloir perturber les baleiniers dans le Pacifique nord, au large du Japon, plutôt que de les attendre dans les eaux de l'Antarctique.

"Apparemment ils nous ont crus", a ironisé Paul Watson. "Evidemment nous n'avons jamais eu l'intention de faire route vers le nord. Nous les attendons dans le sud, avant qu'ils atteignent le sanctuaire des baleines dans l'océan Austral".

Recherché par le Costa-Rica, où il est accusé d'avoir mis en danger un équipage lors d'une opération contre la chasse aux requins en 2002, Paul Watson, 61 ans, fondateur de l'organisation Sea Sheperd, avait été arrêté à l'aéroport de Francfort le 13 mai. Il s'était enfui en dépit d'une assignation à résidence. Watson a expliqué avoir mis quatre mois pour rejoindre l'Australie en traversant "deux océans et un nombre incalculable de rivières, franchissant trois chaînes de montagne, un désert, des lacs et des dizaines de villes".

Officiellement, les activités de la flotte nippone dans l'Antarctique sont destinées à la "recherche scientifique", une pratique tolérée par la Commission baleinière internationale qui interdit la chasse commerciale au cétacé depuis 1986. Les autorités japonaises affirment que cette pêche fait partie intégrante de la culture nippone, sans cacher que la viande de baleine termine sur les étals.

En 2011, le Japon avait néanmoins été contraint d'interrompre prématurément sa campagne de pêche à cause du harcèlement des militants écologistes, après avoir capturé seulement 172 baleines, soit un cinquième de leur objectif. En mars 2012, ils étaient rentrés après avoir capturé 266 baleines de Minke et un rorqual, soit moins d'un tiers des quelque 900 cétacés qu'ils comptaient tuer.

Interrogé par l'AFP au sujet de la présence en mer de Paul Watson, un responsable de l'agence des pêcheries nippones, Takaaki Sakamoto, a répondu: "Nous discuterons avec les ministères concernés de la façon dont le Japon réagira à la présence de Watson".

Sea Shepherd a été fondée en 1977 par Watson après son départ de Greenpeace. Son organisation n'a pas hésité à éperonner en 1979 le baleinier Sierra, qui a coulé dans le port de Lisbonne, même si elle assure tout faire pour "ne mettre personne en danger". Le Japon avait qualifié par le passé ses méthodes de "terroristes".

Le Japon finira par renoncer, selon Paul Watson. "Mais nous retournerons en mer l'an prochain et l'année suivante, et les autres années aussi, jusqu'à la fin de la pêche à la baleine".

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07/12/2012

Le Japon prêt à détruire la fusée nord-coréenne

 Source: afp.com © epa.

Le Japon a ordonné vendredi à ses forces armées de détruire la fusée que doit lancer la Corée du Nord si elle menaçait son territoire, au moment où les Etats-Unis dépêchaient des destroyers pour surveiller les opérations. L'archipel a mis en batterie des missiles sol-air Patriot PAC 3 à Tokyo et sur l'île d'Okinawa (sud) et dépêché trois destroyers équipés de missiles d'interception SM-3.

Le Premier ministre Yoshihiko Noda s'est rendu vendredi au ministère de la Défense pour y inspecter des batteries de Patriot. "Si le missile est lancé, j'attends de vous une réaction calme et résolue pour protéger la vie, les biens et la sécurité des Japonais", a-t-il déclaré à une centaine de membres des Forces d'auto-défense (le nom de l'armée nippone).

Surveillance américaine
Plus tôt dans la journée, le ministre de la Défense avait donné les instructions nécessaires pour que la fusée ou ses morceaux soient détruits s'ils menaçaient de tomber au Japon. "Les habitants peuvent continuer de vaquer à leurs activités normales", a toutefois tenu à rassurer le porte-parole du gouvernement, Osamu Fujimura.

La Corée du Nord a annoncé la semaine dernière qu'elle lancerait une fusée entre le 10 et le 22 décembre afin de mettre en orbite un satellite d'observation terrestre, après l'analyse des erreurs commises lors d'un précédent lancement raté en avril. Le Japon, comme les Etats-Unis, la Corée du Sud, la Russie et de nombreux Etats occidentaux, accuse le régime nord-coréen de vouloir procéder à un test de missile balistique en infraction avec les résolutions de l'ONU.

Washington a dépêché des navires équipés de capacités antimissiles balistiques pour "surveiller étroitement" le lancement, a annoncé jeudi le commandant des forces américaines en Asie-Pacifique, l'amiral Samuel Locklear. Leur déploiement doit permettre de "comprendre ce qui se passe" et, si le tir est effectué, de savoir de quel type de missile il s'agit, de déterminer sa trajectoire, qui il menace potentiellement et de "rassurer nos alliés", a expliqué l'amiral sans préciser le nombre de bateaux impliqués.

Un responsable de la Marine américaine, sous couvert de l'anonymat, a précisé à l'AFP qu'il s'agissait de deux destroyers, l'USS Benfold et l'USS Fitzgerald. Pyongyang a assuré que sa fusée, qui doit être lancée de son centre spatial de Sohae (nord-ouest), "n'affecterait pas les pays voisins". Le lanceur devrait survoler la mer Jaune et la mer de Chine orientale, passant au-dessus d'îles de l'extrême-sud de l'archipel nippon d'Okinawa. Le Japon espère encore néanmoins que la Corée du Nord renoncera à ce tir, a souligné M. Fujimura.

"Nous faisons tous les efforts pour appeler la Corée du Nord à s'abstenir de procéder à ce lancement, en contact étroit avec les Etats-Unis, la Corée du Sud, ainsi que la Chine et la Russie", a-t-il précisé. Il a répété que ce tir violerait "des résolutions de l'ONU" et serait "contradictoire avec une déclaration de la présidence du Conseil de Sécurité publiée après le lancement d'avril".

Le quotidien nippon Asahi a affirmé que Tokyo, Washington et Séoul s'étaient mis d'accord pour réclamer un renforcement des sanctions de l'ONU contre la Corée du Nord, au cas où elle procéderait à son tir. Ils pourraient notamment demander d'allonger la liste des institutions soumises à un gel des avoirs.

Anniversaire de la mort de Jim Jong-Il
La Corée du Nord a terminé l'installation des trois étages de sa fusée Unha-3 sur le pas de tir, d'après l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, bien que l'institut américano-coréen de l'Université Johns Hopkins ait jugé que les préparatifs étaient "plus lents que prévu" à cause de récentes chutes de neige, sur la foi d'images satellite.

La fenêtre de lancement annoncée par Pyongyang couvre une période politiquement chargée dans la région avec des élections législatives au Japon (16 décembre) et présidentielle en Corée du Sud (19 décembre). Le 17 décembre marquera en outre le premier anniversaire de la mort du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il, auquel son fils, Kim Jong-Un, a succédé.

06/12/2012

ENERGIE • Gaz de schiste : la valse-hésitation bulgare

Face aux protestations des écologistes, Sofia a retiré l’autorisation accordée à l’américain Chevron d’explorer les gisements. Mais selon certains, les manifestants étaient manipulés par le russe Gazprom...
                        Dessin de Mayk paru dans Sydsvenskan, Malmö.

Quelle est la position exacte de Sofia sur le gaz de schiste? Difficile à dire. Après avoir décrété, début 2012, un moratoire sur l’exploration et l’éventuelle extraction, le Parlement est partiellement revenu sur sa décision le 14 juin en autorisant la fracturation hydraulique “dans des buts de recherche”.

Les permis d'exploration déjà accordés sont toutefois suspendus malgré les regrets de nombreux responsables bulgares, dont le Premier ministre Boïko Borissov. “Le Parlement a pris une décision souveraine. Je m'incline, a-t-il déclaré. Mais lorsque les générations futures se demanderont pourquoi nous sommes toujours dépendants de la Russie – et pourquoi nous payons notre gaz cinq fois plus cher que les Américains – je veux qu’elles sachent qui en est responsable.”

Il y a un an, son gouvernement avait été vertement critiqué pour avoir donné au groupe pétrolier américain Chevron l’autorisation d'explorer un gisement près de Novi Pazar, au nord-est du pays. Outre l'impact environnemental, les critiques s’étaient concentrées sur les conditions de cette transaction, effectuée “en catimini et de manière opaque”, selon la presse. La mobilisation populaire sans précédent qui s'en était suivie avait obligé les députés à se prononcer sur le sujet. Des milliers d’écologistes et d’habitants des zones concernées avaient défilé à plusieurs reprises dans les rues de Sofia, poussant les autorités à retirer l’autorisation accordée à Chevron.

Mais de nombreux observateurs ont mis en doute la spontanéité des opposants au projet, qui auraient été téléguidés par la compagnie russe Gazprom, détentrice d'un quasi-monopole dans l’approvisionnement en gaz du pays. Ils ont rappelé que le quotidien de gauche Sega, fer de lance de la contestation, appartenait à la société bulgare Overgaz, principal distributeur du gaz russe en Bulgarie. L'essayiste Ivo Indjev, auteur d'un livre sur les hydrocarbures russes - qu'il voit comme un instrument du pouvoir du Kremlin -, a regretté sur son blog la rapidité avec laquelle l’interdiction avait été décrétée, ne serait-ce que pour “l’impact psychologique” que cette décision pourrait avoir sur les négociations avec Gazprom.

Depuis, des articles favorables au gaz de schiste apparaissent régulièrement dans la presse bulgare. Le dernier en date, publié par l'hebdomadaire économique libéral Kapital, donne la parole à un expert américain originaire de Pennsylvanie, qui estime que le gaz de schiste “n'est pas plus dangereux que l'essence dans le réservoir d'une voiture”. Une preuve supplémentaire, selon les détracteurs de la fracturation hydraulique, que les Américains se livrent eux aussi à un intense lobbying pour promouvoir les intérêts de leurs industriels.