02/12/2012

"L'audience est ouverte, décroisez les jambes !"

Par Patrick FORT

 




Le palais de justice d'Oyem (photo: AFP / Patrick Fort)
AFP / Patrick Fort

 

OYEM (Gabon) - Quatrième ville du Gabon, Oyem est la « capitale » du pays fang. A ce titre, elle a le droit à une gendarmerie, un commissariat, un gouverneur, un siège de la BEAC (Banque des Etats d'Afrique centrale) et... à son palais de justice avec ses règles particulières.

 

Dès le début, le président Sylvain Lendira signale qu'il fera confisquer tout téléphone portable qui perturbera l'audience et qu'il est interdit de croiser les jambes. Je décroise donc les miennes sur lesquelles était posé mon calepin. En vingt ans de journalisme et des dizaines d'audiences, c'est la première fois qu'on me demande de ne pas croiser les jambes.

 

J'ai fait le déplacement jusqu'à Oyem pour le procès du préfet de l'Okano, Olivier Bassiva (photo ci-dessous). Cet homme de 46 ans est accusé d'avoir envoyé des chasseurs dans une zone protégée pour ramener du gibier pour une réception à laquelle devait assister le président Ali Bongo Ondimba. Ce n'est pas tous les jours qu'on juge un préfet en République... et un préfet qui braconne dans un pays où il existe de nombreuses espèces protégées, ça sent la belle histoire...

 

Mais pour la belle histoire, il me faut attendre. Il y a une trentaine de dossiers sur la table du président. Voies de fait, insultes, coups et blessures volontaires, destruction de propriété immobilière, diffamation... Le président les égrène un à un citant prévenus et témoins. Dans la majorité des cas, il manque le prévenu (qui ne l'est pas, justement). C'est une litanie: "renvoi au 6 décembre", puis "renvoi au 20 décembre" pour permettre au parquet d'envoyer une citation à comparaître en bonne et due forme.

 

Le préfet accusé de braconnage, Olivier Bassiva (photo: AFP)

AFP / Jonas Moulenda

 

Le président qui n'aime pas les jambes croisées est humain. Il prend la peine de parler et d’expliquer poliment à chaque personne la procédure. Un plaignant est là pour la quatrième fois. Il a parcouru une centaine de kilomètres pour venir, et fait la moue devant ce nouveau renvoi:

 

- Monsieur! Ondo (nom transformé, son adversaire) est au village. Il ne viendra pas. Il sait qu'il y avait le procès aujourd'hui... Il ne vient jamais.

 

Le président regarde le dossier. Il n'y pas de convocation et il ne veut pas juger l'affaire sans entendre les deux parties.

 

- Vous habitez où?

 

- Au village.

 

- Quel village?

 

- Endama (phonétique).

 

- Où est-ce?

 

- Près de Bitam (autre ville du Nord).

 

- Bon, on va vous convoquer pour la prochaine audience foraine (le tribunal se déplace régulièrement dans certains gros bourgs). Ça vous fera moins loin.

 

La salle est climatisée. Derrière le président, une peinture avec la balance de la justice et l'inscription "Auctoritate rationis sed non ratione auctoritatis (La force de la raison mais non la raison de la force)". Un drapeau gabonais immaculé est accroché à une fenêtre.

 

Un téléphone portable sonne. Un vieillard. Le président gronde: «C'est la dernière fois. Le prochain téléphone qui sonne sera confisqué».

 

Me David Foumane, l'avocat du préfet, intervient. C'est l'ancien bâtonnier de Libreville: «M. le président, permettez moi de vous demander qu'on déplace notre table. D'ailleurs, je voudrais faire remarquer que le banc (il désigne un banc à l'autre bout de la salle) a été offert par le barreau de Libreville pour que les avocats puissent l'utiliser. Et il y avait une table que je ne vois pas...»

 

Régis Bibang, l'agent des Eaux et forêts qui a découvert le scandale (photo: AFP / Patrick Fort)
AFP / Patrick Fort

 

Après la lecture de quelques délibérés, on arrive enfin à l'affaire. Regis Bibang, l'agent des eaux et forêts par qui le scandale est arrivé (photo ci-dessus), raconte son histoire. Il allait inspecter une concession forestière sous aménagement durable (CFAD). L'administration oblige notamment les forestiers à conserver la biodiversité sur leurs concessions. A ce titre, il est interdit d'y chasser. Seuls les villageois ont le droit de le faire, et à pied seulement.

 

Il aperçoit alors un véhicule « à la cargaison suspecte » et l'interpelle. Dans le véhicule -celui du préfet: trois mandrills et un céphalophe (une antilope africaine couramment appelée "céphalopode" à tort), deux espèces totalement protégées, ainsi qu'un toucan et trois antilopes, qui le sont partiellement. Pour se justifier, alors que la chasse n'était pas ouverte et qu'il est de toute façon interdit de chasser dans les CFAD, les chasseurs avaient exhibé un ordre de mission du préfet. Mais Bibang, ingénieur de métier, n'est pas impressionné. Il demande à confisquer le gibier et refuse de parler au téléphone avec le préfet.

 

-Ils m'ont demandé de parler avec leur chef. Je leur ai dit que ce n'était pas le mien et je leur ai demandé de demander au préfet de venir.

 

"Allez vous plaidre au ministre!" crie le préfet gifleur

 

Le préfet arrive quelque temps plus tard. Furieux et persuadé de son bon droit. Il assène alors une gifle (selon lui) ou un coup de poing (selon Bibang) et lance: "Allez vous plaindre au ministre!".

 

-Il m'avait fait venir de loin. Il contestait mon autorité devant les gens. Je me suis senti humilié. Je n'aurais pas dû. Je présente mes excuses à ce Monsieur, affirme Bassiva tête basse.

 

Pendant que je prends des notes, je croise mes jambes sans faire attention. Une imposante employée des services pénitentiaires arrive à ma hauteur et me donne un coup de pied. «On ne crois pas les jambes ici!» Elle-même est en débardeur, débraillée, avec un cure-dent dans la bouche...

 

Vue de la forêt gabonaise près de Bambidie (photo: AFP / Sylvie Briand)
AFP / Sylvie Briand

 

Il se «comportait comme un roi sur ses terres», estime Me Rufin Nkoulou, l'avocat de la Direction de la Faune et de l'agent des Eaux et Forêts.

 

Bibang porte plainte le même jour et la procédure suit son cours. Les deux chasseurs sont arrêtés en avril, le préfet en mai.

 

Le procureur Ulric Nzoundou affirme qu'arrêter le préfet a été «un casse-tête chinois parce c'était une autorité». Mais la machine judiciaire parvient quand même à se mettre en route. Depuis son accession au pouvoir en 2009, le président Ali Bongo Ondimba, fils d'Omar Bongo, a mis l'accent sur le «Gabon vert» et se positionne comme un défenseur de la nature. Il a notamment fait brûler cinq tonnes d'ivoire en juin, une première en Afrique centrale (photo ci-dessous).

 

Incinération de 5 tonnes d'ivoire à Libreville, le 27 juin 2011 (photo: AFP / Wils Yanick Maniengui)
AFP / Wils Yanick Maniengui

 

Le préfet Bassiva se défend. Il affirme avoir agi de manière «exceptionnelle» en vue de la réception du président de la République, et qu'il ne faisait que poursuivre des pratiques anciennes. «J'ai mal apprécié. J'ai pensé qu'en période exceptionnelle on peut faire fi des dispositions légales (...) J'ai pensé, peut être maladroitement, que je pouvais initier des parties de chasse», avoue-t-il. «Demandez si le président de la République voulait manger de la viande de brousse», ironise le procureur.

 

Le préfet baisse la tête. Quelques instants plus tard, son avocat Me Foumane lance un pavé dans la mare: « L'ancien président de notre pays (Omar Bongo) pour faire plaisir à Chirac et Sarkozy, il prenait l'hélicoptère et tirait sur des buffles dans des réserves, des zones totalement protégées! Tout le peuple gabonais le sait!»

 

"Giscard ! Giscard aussi !"

 

La foule crie son approbation. Certains crient: «Giscard, Giscard aussi !» Le président tente de ramener le calme, tout en démentant les propos de l'avocat qui n'en démord pas: «tout le monde le sait!» Il demande même à M. Bibang de répondre s'il a déjà entendu cette anecdote. L'ingénieur est gêné. Il se tourne vers son avocat qui lui fait non de la tête.

 

Après deux heures de débats, le procureur attaque son réquisitoire. Il veut faire un exemple: «Il n'y a pas que les plus petits (...) mêmes des autorités doivent subir les foudres de la loi». Il demande 18 mois de prison pour le préfet à qui il ne reconnaît «aucune circonstance atténuante». «Le préfet s'est dit: les missions régaliennes de l'Etat, je m'en fous!» crie-t-il en direction de l'intéressé. Il requiert 12 mois pour les deux chasseurs qui accusent le coup en hochant la tête, se demandant sans doute dans quelle galère ils sont tombés.

 

Une famille d'éléphants de forêt d'Afrique dans le parc de la station de Lopé (photo: AFP)
AFP

 

Un téléphone sonne. Cette fois, un agent le confisque, l'éteint et le pose sur la table du greffier. Le coupable ne tente même pas de protester...

 

Vient ensuite Me Nkoulou, l'avocat des parties civiles. C'est un des ténors du barreau librevillois. «La faune est une richesse du Gabon», rappelle-t-il. «Comment la localité peut-elle se développer si le préfet est le premier à fouler les lois?» Son client M. Bibang demande cinq millions de francs CFA (7.500 euros) de dommages-intérêts, une véritable fortune. La foule crie, certains rigolent.

 

-Ahhh ça! On sait pourquoi il venu maintenant!, lance une dame.

 

Pendant ce temps, un agent me demande poliment de décroiser les jambes.

 

"Qu'on fasse le tour des congélateurs !"

 

C'est au tour de la défense. Me Foumane est lui aussi brillant. Il a gardé toutes ses cartouches pour sa plaidoirie, accusant notamment Bibang d'avoir voulu «partager la viande» avec les chasseurs et d'avoir simulé des blessures. «Dix jours d'ITT (interruption temporaire de travail) pour une gifle. On croit rêver! Il y a des malins qui savent ce qu'il faut demander aux médecins e des médecins complaisants».

 

Mais, surtout Me Foumane resitue le braconnage dans le contexte du Gabon où la viande de brousse, souvent celle des espèces protégées, se vend partout. «Qu'on fasse le tour des congélateurs! Si vous devez poursuivre les chasseurs, vous aurez des audiences similaires toutes les semaines!» Il demande les circonstances atténuantes et une peine inférieure à douze mois pour ne pas que le préfet perde son statut de fonctionnaire.

 

Décision du tribunal le 6 décembre. En attendant, le préfet dormira encore à la prison d'Oyem, située tout près du plus célèbre restaurant d'Oyem: la Maison blanche. Décidément, la roche tarpéienne est proche du Capitole.

 

01/12/2012

Dans les plus beaux métros d’Europe

Dans les plus beaux métros d’Europe

Par Sylvain ESTIBAL

Le métro de Munich (photo: AFP / Christof Stache)
Le métro de Munich (AFP / Christof Stache)

 

PARIS – Je suis rentré à Paris il y a quelques mois après plusieurs années en poste en Amérique du Sud. Je prends le métro parisien tous les matins pour aller travailler. C’est uniforme, sale et déprimant. Les lumières sont particulièrement dures. Les seules couleurs proviennent des affiches publicitaires. En voyageant, je me suis dit que dans d’autres pays du monde, les gens doivent certainement prendre plus de plaisir à emprunter les transports en commun.

 

Le métro de Moscou, pour ne citer que le plus célèbre, est un véritable musée et il arrive même que des expositions de peinture soient organisées dans les rames. Les gens, en fonction de là où ils habitent, n’ont pas la même approche du métro.J’ai fait des recherches sur internet pour repérer les plus beaux métros d’Europe. J’ai demandé aux photographes en poste dans plusieurs grandes villes européennes de descendre sous terre avec leur appareil. Le cahier des charges était simple : prendre uniquement des vues d’intérieur, dans des stations particulièrement belles. Cela a donné la série que vous avez sous les yeux.

 

Le métro de Moscou (photo: AFP / Kirill Kudryavtsev)
Le métro de Moscou (AFP / Kirill Kudryavtsev)

 

Le plus connu est bien sûr le métro de Moscou. Les stations ont été conçues dès le début comme des  « palais souterrains » solennels, censés symboliser un « miracle » pour le peuple soviétique, un « miracle technologique » et un « miracle d'art ».  Le métro visait à renforcer le sentiment patriotique et les valeurs esthétiques des Moscovites, conformément à l'idée « Avec la ville, ses habitants se perfectionnent eux aussi »...

 

Les dirigeants soviétiques ne voulaient surtout pas que le métro de Moscou ressemble au métro occidental, notamment celui de Paris, avec un mauvais éclairage et des murs sales, qualifié de moyen de transport "antisocialiste". Tout en ayant les mêmes fonctions, le métro de Moscou devait par contre incarner le socialisme et promouvoir son image d'une fête éternelle. Les stations devaient parler du passé héroïque, du présent merveilleux et de l'avenir radieux du pays.

 

Photo: AFP / Kirill Kudryavtsev
Le métro de Moscou (AFP / Kirill Kudryavtsev)

 

Aujourd'hui, le métro de Moscou et sa beauté sont plus appréciés des touristes étrangers que des Moscovites, qui se plaignent de la surpopulation aux heures de pointe. Aussi déplorable que ce soit, l'image du métro de Moscou est de plus en plus dévalorisée aujourd'hui : beaucoup de gens estimant qu'il n'y a que des pauvres dans le métro, alors que ceux qui gagnent bien leur vie se déplacent en voiture.

 

Mais il n’y a pas que Moscou. A Kiev, la célèbre station de métro Zoloti Vorota, qui a ouvert en 1989, est à la fois un bel exemple du style en vogue dans les dernières années de l’ère soviétique et s’inspire de l’architecture ukrainienne médiévale.

 

Le métro de Kiev (photo: AFP / Sergei Supinsky)
Le métro de Kiev (AFP / Sergei Supinsky)

 

Le métro de Stockholm vaut également le déplacement. Non seulement il est propre, sûr et ponctuel, mais pour le prix d’un ticket, on visite un vrai musée avec des sculptures, des mosaïques, des tableaux, des installations… Plus de 150 artistes ont participé à sa décoration.

 

Le métro de Stockholm (photo: AFP / Jonathan Nackstrand)
Le métro de Stockholm (AFP / Jonathan Nackstrand)

 

Le métro peut devenir un argument touristique à part entière pour une ville. Le site internet du Service des transports publics de Stockholm n’hésite d’ailleurs pas à donner dans la publicité comparative. « Depuis les années 1800, et notamment grâce à August Strindberg, un débat existe quant à la nécessité de rendre l’art public, de le faire sortir des salons », peut-on y lire. « Moscou était très en avance en matière d’art dans le métro, mais c’était pompeux, pas très moderne et consistait essentiellement en décoration architecturale… »

 

Le métro de Stockholm (photo: AFP / Jonathan Nackstrand)
Le métro de Stockholm (AFP / Jonathan Nackstrand)

 

Mais la plus spectaculaire, à mon goût, est la station Toledo du métro de Naples, en Italie. Elle est l’œuvre de l’architecte espagnol Oscar Tusquets Blanca. On se croirait dans l’espace…

 

La station Toledo du Métro de Naples (photo: AFP / Mario Laporta)
Le métro de Naples (AFP / Mario Laporta)

 

Les clients photo de l’AFP sont très demandeurs de reportages sur la vie en société. Même si le news reste au cœur du métier, nous avons énormément développé ce type de production. Chaque mois, nous mobilisons notre réseau de photographes pour photographier, à travers le monde, un même thème: le logement, la police, les personnes âgées, les religions… Pour notre dossier de novembre, consacré à l’éducation, nous avons diffusé près de 500 photos prises aux quatre coins de la planète : des universités au Nigeria, un cours de langage des signes en Espagne, une cérémonie de remise des diplômes au Paraguay, une école primaire dans les montagnes du Vietnam…

 

Nous sommes une des rares agences à pouvoir mobiliser ainsi un réseau mondial de photographes pour travailler ensemble sur un thème pendant une période donnée. C’est aussi une autre manière pour nous de témoigner sur notre époque.

 

Avec Maria Panina (à Moscou) et Pia Ohlin (à Stockholm)

 

Le métro de Lisbonne (photo: AFP / Miguel Riopa)
Le métro de Lisbonne (AFP / Miguel Riopa)

 

Le métro de Varsovie (photo: AFP / Janek Skarzynski)
Le métro de Varsovie (AFP / Janek Skarzynski)

 

30/11/2012

Abu Dhabi veut racheter la dette du Portugal

 Source: afp.com Manifestation anti-austérité à Lisbonne (14 novembre) © reuters.

La banque centrale d'Abu Dhabi a l'intention d'acheter de la dette publique du Portugal, pays sous assistance internationale censé se financer normalement à partir de l'an prochain, a indiqué le gouverneur Nasser Al Suwaidi dans un entretien paru vendredi.

"Le Portugal a fait des pas vers son redressement. L'Irlande a déjà réussi à surmonter la crise et, maintenant, le deuxième pays à le faire en Europe sera le Portugal. Nous avons donc l'intention d'acheter de la dette publique portugaise", a déclaré M. Al Suwaidi au quotidien économique portugais Diario Economico.

"J'ai confiance que l'Europe va surmonter la crise financière", a ajouté le gouverneur, en marge d'une conférence aux Emirats Arabes Unis, estimant en outre que, "comme le Portugal, l'Italie aussi est sur la bonne voie".

Après la Grèce et l'Irlande, le Portugal a été le troisième pays de la zone euro à demander une aide financière à l'Union européenne et au Fonds monétaire international.

En échange d'un prêt de 78 milliards d'euros accordé en mai 2011, Lisbonne s'est engagé à mettre en oeuvre un programme de rigueur et de réformes qui doit lui permettre de revenir sur les marchés privés de la dette à moyen et long terme en septembre 2013.

Si le pays peine à réduire ses déficits alors que son économie s'enfonce dans la récession, le Trésor portugais parvient régulièrement à emprunter à court terme.

Témoignant également d'un regain de confiance des investisseurs, les taux d'intérêt de la dette portugaise à deux ans évoluaient sous la barre des 4% sur le marché secondaire, où s'échangent les titres déjà émis.

Par ailleurs, plusieurs grandes entreprises portugaises sont parvenues ces derniers mois à emprunter sur les marchés, auxquels elles n'avaient plus accès depuis le début de la crise de dette.

Mardi, la banque publique Caixa geral de depositos a émis des obligations à trois ans pour un montant de 500 millions d'euros, une première pour une institution détenue par l'Etat portugais depuis près de trois ans.