20/02/2013

Un pirate somalien parcourt 2000 km pour rejoindre le concessionnaire Ferrari le plus proche

 

 

iStock_000008949161XSmall

 

Les coulisses de la grande vie sont parfois éprouvantes. Surtout à en juger par cette histoire cocasse relayée par l’état canadien. Début février un jeune pirate somalien aurait été arrêté au Kenya par les forces de l’ONU. Que faisait-il si loin de ses côtes ? Et bien il semblerait qu’il s’était tout simplement rendu à Nairobi, la capitale, dans l’idée de dépenser l’argent d’une rançon et de s’offrir le bolide de ses rêves. Seulement, son rêve semble avoir tourné court. Reportage.

 

Un fantasme de gamin

 

L’histoire commence pourtant normalement. Youssouf Mohamoud, jeune chef d’une équipe de pirates prend en otage en février 2012 un yacht avec 3 canadiens à bord. Il demande alors une rançon de 5 millions de dollars. Rançon qu’il obtiendra finalement à la mi-janvier 2013, relâchant ainsi ses otages.

 

Mais c’est là que les choses se gâtent comme le raconte Dan Keney, porte-parole du ministère canadien des affaires étrangères : « On sait que Mohamoud a alors quitté sa région du golfe d’Aden vers le 3 février pour se rendre au sud avec l’argent de la rançon. Il aurait discrètement circulé en jeep puis à dos de mule pour traverser la frontière avec le Kenya. Le tout en transportant ses 5 millions de dollars.»

 

Quelques jours plus tard, Youssouf Mohamoud atteint Nairobi et se rue sur le 1er concessionnaire Ferrari qu’il trouve. Le jeune homme, à peine âgé de 22 ans, semble éreinté mais pressé de faire l’acquisition d’une voiture. Mwai Yetu gère le magasin Euro Motors. Il a vu, incrédule, le pillard somalien débarquer dans sa boutique : « Il était plein de sable et de poussière, il avait l’air d’avoir soif. Je lui ai proposé de l’eau mais tout ce qu’il voulait c’était une Ferrari. Juste une Ferrari. Au début j’ai cru qu’il était fou puis après j’ai aperçu sa mule qui était pleine à craquer de dollars. »

 

Un modèle indisponible

 

Mais la quête de Mohamoud se trouve bien vite entravée. Car le corsaire des temps modernes veut acheter une Ferrari mais pas n’importe quel modèle, comme l’explique toujours le gérant de la boutique : « Il disait qu’il voulait absolument une Ferrari 308 GTS, la voiture de Magnum dans la série télé. Je lui ai expliqué que c’était une série qui ne se faisait plus depuis 1985 au moins. Mais il n’a rien voulu entendre. Il disait qu’il en rêvait depuis tout petit. Dans un premier temps il m’a menacé avec un bâton puis, quand il a compris qu’il ne pourrait pas l’avoir, il s’est enfui à la recherche d’un autre concessionnaire. »

 

Arrêté quelques heures plus tard par la police kényane alertée par une dizaine de vendeurs de voitures, Youssouf Mohamoud a été extradé jeudi dernier vers le Canada où il sera jugé dans les prochains jours.

 

Le Gorafi

 

Illustration : iStock

 

http://www.agendaide.fr

19/02/2013

BELGIQUE • Albert II, un roi partageur

Le roi Albert II lors de la cérémonie de commémoration de l'armistice - Bruxelles, 11 novembre 2012 Le roi Albert II lors de la cérémonie de commémoration de l'armistice - Bruxelles, 11 novembre 2012 AFP
Vers qui se tourner lorsqu'on peine à boucler ses fins de mois ? Un parent, un ami... et pourquoi pas son souverain ? D'après la Gazet van Antwerpen, de plus en plus de Belges s'adressent au roi Albert II pour lui demander un soutien financier. En 2012, ils étaient 11 000, soit 10 % de plus que l'année précédente.

Les finances de la famille royale sont un sujet de débat récurrent au plat pays. Régulièrement, les Belges remettent en cause les moyens accordés à la monarchie. L'Etat belge verse en effet chaque année une dotation au roi Albert II (11,5 millions d'euros), à sa belle-soeur Fabiola (1,4 million d'euros), et à ses enfants : le prince héritier Philippe (923 000 euros), la princesse Astrid (320 000 euros) et le prince Laurent (307 000 euros).

Ces sommes suscitent de nombreuses critiques, mais elles ont apparemment inspiré certains sujets, confrontés à des difficultés financières. Et d'après le quotidien d'Anvers, "Jamais le roi n'avait été si généreux : 650 Belges ont reçu une somme de 200 euros, soit [un total de] 129 000 euros."
 
 
http://www.agendaide.fr

15/02/2013

L'amour à la française : du sexe, du sang et des larmes

Pour une chercheuse américaine de l’université Stanford, l’ingrédient essentiel de "l’amour à la française" n’est pas le romantisme mais plutôt le plaisir sexuel, la souffrance, les liaisons extraconjugales, le papillonnage, les crimes passionnels, les désillusions et la violence.

Los Angeles Review of Books  : Renate Stendhal

Deux amoureux regardent le pont des Arts, à Paris, le 14 février 2009 - AFP Deux amoureux regardent le pont des Arts, à Paris, le 14 février 2009 - AFP

 

Les Français ont-ils inventé l'amour ? Ou bien l'amour se réinvente-t-il indéfiniment selon le moment, la culture ou l'époque ? Ce que les Français ont fait, les Arabes et les Perses l'avaient réalisé avant eux : domestiquer la part bestiale de la sexualité humaine en l'intégrant à la culture. Pratiquée en France depuis le Moyen Age, cette culture de l'amour est aujourd'hui devenue "l'amour à la française", dont les Français sont si fiers.

La sensualité des Français, leur charme et leur décontraction à l'égard de leur vie amoureuse ou de celle de leurs présidents sont indiscutables et indissociables de l'importance toute sensuelle accordée en France à la nourriture, à la courtoisie, à l'éloquence et à la mode. Ces derniers temps, les Américains se sont penchés sur la question à travers une pléthore d'ouvrages afin de comprendre pourquoi la vie sexuelle des Français était plus intéressante que celle des Américains et tenter de percer enfin l'énigme de la femme française : Ce que savent les Françaises : sur l'amour, le sexe et autres sujets du cœur et de l'esprit ; Entre nous : comment réveiller la Française qui sommeille en vous ; Comment être une insupportable Française : une enquête culottée dans la vie et les petits secrets des Françaises ; Les Françaises ne dorment jamais seules ; Maigres et sexy dans leur tête : le secret le mieux gardé des Françaises ou encore La séduction : comment les Français jouent le jeu. Mais le nouvel essai de Marilyn Yalom, How the French Invented Love. Nine Hundred Years of Passion and Romance [Comment les Français ont inventé l'amour : neuf cents ans de passion et d'histoires d'amour, éd. Harper Collins, octobre 2012] va au-delà des stéréotypes en explorant la littérature française, et c'est avec érudition, élégance et légèreté que l'auteur nous parle d'amour.

Elle commence par le langage : "En tant qu'anglophones, nous avons souvent recours à des expressions françaises pour enrichir notre lexique amoureux. Les baisers langoureux portent le nom de 'French kissing'. Nous avons adopté les mots 'rendez-vous', 'tête-à-tête' et 'ménage à trois' pour parler d'intimité sur une note plus française. Les mots 'courtesy' et 'gallantry' sont directement issus du français et le mot 'amour' se passe de traduction."

L'auteur invite d'ailleurs ses lecteurs à continuer à piocher dans la langue française pour adopter les mots 'raffiné', 'déshabillé', 'décolleté', 'amour fou' et 'femme fatale'.

Ancien professeur de français et membre de l'Institut Clayman de recherche sur le genre de l'université Stanford, Marilyn Yalom passe en revue neuf cents ans d'histoires d'amour d'Héloïse et Abélard à Sartre et Beauvoir, de l'époque des troubadours, avec Chrétien de Troyes et son légendaire Lancelot, à une époque plus contemporaine avec L'amant de Marguerite Duras, Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq ou encore La Vie sexuelle de Catherine M., de Catherine Millet.

Selon elle, l'ingrédient essentiel de l'amour à la française est le plaisir sexuel. A la question : "L'amour peut-il exister sans vie sexuelle épanouie ?", 83% des Américains ont répondu oui contre seulement 34% des Français. Et l'auteur de constater : "Une différence de 49 points sur l'importance du plaisir en amour a de quoi surprendre. Cet attachement des Français aux plaisirs de la chair apparaît délicieusement canaille aux yeux des Américains, plus coincés."

Il existe également des "éléments plus sombres que les Américains ont davantage de mal à comprendre" : la jalousie, la souffrance, les liaisons extraconjugales, le papillonnage amoureux, les crimes passionnels, les désillusions et même la violence. "Pour les Français, analyse Marilyn Yalom, la passion sexuelle justifie tout. L'amour n'a pas cette dimension morale qu'en attendent les Américains."

Note :* en français dans le texte

 

 

http://www.agendaide.fr