06/06/2013

Une Japonaise est meilleur fromager du monde

 

C’est en travaillant comme hôtesse de l’air que Miyuki Murase a découvert le fromage. Elle en a fait son métier et a énormément à nous apprendre.

 
Source: Renée Greussard - Journaliste Rue89

Miyuki Murase dans son hôtel parisien, le 3 juin 2013 (Renée Greusard/Rue89)

Le titre est à peu près aussi classe que celui de maître de l’univers. Dimanche, à Tours, Miyuki Murase, Japonaise de Tokyo, a été sacrée meilleure fromagère du monde.

C’est quoi ce concours ?

Cette compétition était une première édition. Elle était chapeautée par Rodolphe Le Meunier, meilleur fromager d’un autre concours international en 2007. Depuis, il n y avait plus eu d’autres éditions et le fromager a voulu y remédier.

Cette édition 2013 était organisée en collaboration avec le « Comité d’organisation du concours », comité qui gère le Meilleur ouvrier de France.

Car oui, comme il existe un concours du meilleur sommelier du monde, il y a un concours du meilleur fromager du monde. En l’occurrence, c’est donc elle.

Et sur les autres marches du podium, vous imaginez peut-être des Français ? Bah non, deux Belges. On est « out », nous les Français, soi-disant rois du frometon.

Cette nouvelle étant connue, on peut aussi se demander : tu fais quoi pour devenir la meilleure fromagère du monde ?

« Blind test » de fromages

C’est simple, il faut être la meilleure dans un concours à multiples épreuves. Pour arriver au sommet de l’univers, on apprend dans le règlement que Miyuki Murase a dû (entre autres) :

  • découper (sans balance, bien entendu) quatre parts de 250 grammes dans cinq fromages différents choisis par l’organisation (le tout en cinq minutes) ;
  • reconnaître des races locales d’animaux laitiers sur des photos (d’où ils venaient, etc.) ;
  • bien réussir un « blind test » (test à l’aveugle, si on veut parler français) de fromages : en goûtant quatre fromages, il fallait deviner leur nom, leur provenance, la technologie de leur fabrication, la nature de leur lait et leur temps d’affinage.

Elle en a eu deux sur quatre et quand elle le dit, son visage s’assombrit un peu. On sent que cette femme-là ne déconne pas avec le fromage.

Une des autres épreuves consistait aussi à mettre en scène des fromages pour des enfants. Elle a imaginé un parc et sa forteresse. Avec un roi et une reine en forme de chèvres, des escaliers de fromages, des bonbons, des bouts de gruyères représentant des souris-soldats.


La construction de fromages de Miyuki Murase (DR)

Il fallait aussi présenter des compositions froides avec des fromages. Elle a marié une tomme d’Ossau-Iraty basque à du gingembre, du piment, un verre de thé vert et un verre de vin blanc.


Une préparation de fromage de Miyuki Murase (Miyuki Murase)

Bref, ça n’était pas facile et, assise dans le salon de son hôtel parisien, elle savoure son trophée, posé sur le canapé, à côté d’elle. Elle est fière.

« J’étais hôtesse de l’air »

C’est un chemin étonnant qui l’a menée au fromage : l’avion.

« J’ai découvert le fromage et le vin à 20 ans [elle en a 45 aujourd’hui, ndlr]. J’étais hôtesse de l’air. Je faisais des allers-retours vers l’Europe et on servait du vin et du fromage dans l’avion. Je me suis d’abord intéressée au vin jusqu’à vouloir devenir sommelière et suivre des cours. »

Dans l’école de Shinya Tasaki, le meilleur sommelier du monde en 1995, elle a appris plein de choses jusqu’à ce qu’il lui propose d’y enseigner ses savoirs. Elle l’a fait pendant dix ans. Et puis elle a eu envie de se démarquer :

« Je voulais faire quelque chose d’original. Shinya Tasaki était champion du monde en vin, j’ai préféré m’occuper de fromages. »

Aujourd’hui, elle a sa propre école de fromages à Tokyo. Elle ambitionne d’y ouvrir une boutique de vins et fromages l’hiver prochain.

Quel est ce fromage ? « Laclette » ?

On parle, on parle – en anglais, elle ne parle pas le français. Et soudain, incompréhension entre Miyuki Murase et moi. « Laclette ». Quel est ce fromage que je ne connais pas ? « Laclette » ? Illumination finalement. On parle de raclette. OK.

Au Japon, elle raconte qu’il y a une vraie culture du fromage, même s’il n’y a pas de tradition historique japonaise du fromage :

« Nous cuisinons beaucoup en fonction des saisons au Japon : le poisson, les légumes... Alors c’est aussi intéressant de travailler le fromage. »

Pendant le concours, les candidats devaient présenter chacun un fromage au jury. Le raconter. Elle a ramené un bleu... du Japon, le « Etanbetsu no Aoi cheese » (fromage bleu d’Etsanbestu). Elle l’affectionne particulièrement parce qu’il est fait par des passionnés :

« C’est une petite famille qui le produit. Ses membres n’ont que quinze vaches qu’ils traient à la main. Et vingt minutes après leur traite, le lait est déjà travaillé en fromage. C’est une fraîcheur exceptionnelle. »

Naissance du Roquefort

Elle parle, souriante et délicate, de mille fromages avec l’érudition du sommelier qui parle de vin car, « comme les vins, les fromages ont des saisons, des terroirs. » Elle aime raconter leurs légendes, celle de la naissance du Roquefort par exemple.

L’histoire d’un petit berger qui pique-niquait d’un bout de fromage et de pain dans une grotte. Il vit alors une petite fille passer et la suivit, hypnotisé, oubliant son repas dans la grotte. Quand il revint, le fromage était bleu. Et le Roquefort était né. Une histoire que Miyuki Murase finit en riant :

« La question, c’est de savoir pourquoi il a décidé de le manger ? »


Miyuki Murase sur le podium du concours international de fromages à Paris, le 2 juin 2013 (DR)

 

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05/06/2013

Le troc de presse entre voisins

 

"Toc toc, c'est le voisin, j'ai vu que vous étiez abonnés à Géo, je peux vous l'emprunter en échange de mon XXI ?" Tel est le type d'échange dont rêve Julien Fuentes, le fondateur de trocdepresse.com, qui souhaite favoriser le lien social tout en optimisant le taux de lecture (et la découverte) de la presse papier. Explications.

 Plus de quatre milliards d'exemplaires par an

 Même si la lecture numérique de la presse gagne un peu plus de terrain chaque jour, la presse imprimée représente encore 4 milliards d’exemplaires vendus par an. "Environ 35 millions de français lisent chaque jour au moins un journal ou un magazine... qui finit encore trop rapidement à la poubelle", déplore Julien Fuentes qui lit au total, avec sa femme, environ une vingtaine de revues et magazines par mois. "Nous accumulions beaucoup de numéros que j'échangeais auparavant avec mes parents, à Marseille. Mais sur Paris je ne me voyais pas le faire aussi facilement avec mes voisins, alors j'ai imaginé ce site, pour faciliter la démarche".

 Le site vient d'ouvrir ses portes et propose aux utilisateurs de se créer un compte, de renseigner leur adresse et d'indiquer quel type de presse ils consomment et à quelle fréquence. Pour informer vos voisins de l'existence de cette initiative, on vous propose d'afficher les éléments d'un kit ambassadeur dans le hall de votre immeuble ou dans l'entrée de votre résidence. Si vos voisins s'inscrivent sur la plateforme, ils pourront vous retrouver facilement et vous serez notifiés de leur inscription sur le site.

 

Affiche du kit ambassadeur pour informer vos voisins

 Si les lectures de votre voisin vous tentent, et vice versa, il vous suffit de convenir d'un moment pour vous les échanger, ou de vous les déposer respectivement via vos boîtes aux lettres. "Certes, on peut aussi le faire plus simplement en laissant ses magazines en libre service dans l'entrée", indique le fondateur de Troc de Presse, mais "l'idée est de favoriser simplement le lien social que l'on n'ose parfois plus retisser. Et si les gens échangent entre eux, sur le long terme, je vois cela comme une nouvelle mise en avant de la presse papier, car cela aide à découvrir d'autres magazine et à s'intéresser à autre chose".

 Une idée belle sur le papier

 Comme pour d'autres services de consommation collaborative, les plus sceptiques diront peut être que ce type d'initiative est belle sur le papier sans fonctionner en pratique. Mais plusieurs dizaines de personnes se sont déjà crées un compte et le défi consiste maintenant à promouvoir l'initiative largement pour atteindre la fameuse masse critique indispensable à la fluidité de ce type de service.

 Julien Fuentes n'envisage pas de rendre son service payant à l'avenir: son modèle repose pour l'instant sur quelques encadrés publicitaires et sur des partenariats avec des groupes de presse qui, à terme, pourraient bénéficier de la démarche. "Dans un second temps, si les liens entre voisins connaissent un intérêt, j'aimerais bien que les gens puissent échanger leurs livres, leurs guides de voyages, etc." confie-t-il également.

Source : Le blog d' Anne-Sophie Novel

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04/06/2013

Roland Garos : La photo équivoque de Wawrinka

 Source : Michael Bouche

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Mené 7-6 3-0 (double break) contre Richard Gasquet, Stanislas Wawrinka a demandé un temps-mort médical pour se faire soigner. La manipulation par le soigneur a d'ailleurs valu une image quelque peu compromettante, partagée par de nombreux Twittos.

"Je ne regarde pas le tennis, mais je viens de voir passer ça sur Facebook. ça a l'air de bien se passe"r, commente un internaute.

"On sait comment Wawrinka a repris la main dans cette partie", lâche un autre.

Pour rappel, le joueur suisse a renversé la vapeur après avoir été mené deux manches à zéro contre Gasquet, le chouchou local. Un match grandiose où les deux joueurs auront pratiqué un tennis phénoménal pendant plus de quatre heures...

© reuters.

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